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Au
terme de la seconde campagne de dépollution de l'Aven Chazot (voir)
en novembre 2007, il avait été découvert sous les déchets une
galerie déclive relativement vaste abaissant le point bas de la cavité
de près de 11,50 mètres, soit une côte ramenée à - 65 mètres sous
la surface. Plusieurs indices semblaient attester qu'il ne s'agissait
pas d'une première découverte, des objets étant positionnés de
manière non naturelle. Au delà du point bas de cette diaclase, une nouvelle
galerie est ascendante sur quelques mètres mais se termine rapidement
sur des tombants calcifiés. Quant au courant d'air qui aérait les
niveaux supérieurs, on le retrouve ici mais au travers de l'éboulis de
pierres et de déchets qui encombre le fond de la diaclase.
Tandis que le puits entre le premier palier (base du puits d'accès -
p31) et le fond jusqu'alors connu (grosse concrétion à la côte -54 m)
suivait un axe au nord-nord / ouest (348°), cette profonde diaclase,
semble suivre un axe contraire (sud - sud / est au 150 °). Découvert
à la base de l'imposante concrétion qui caractérise le fond de la
cavité, l'accès à cette galerie est aujourd'hui encore étroit et
particulièrement instable, l'une des parois étant constituée par le
monticule de déchets, qui laisse apparaître pneus, tonneau
métallique, sacs plastique et objets en tout genre sur une hauteur
d'environ 2 m 50. Ce monticule repose sur un socle rocheux qui marque
l'amorce d'une pente jusqu'au point bas de la cavité 9 mètres plus bas
et environ 15 mètres plus loin. Entre ces deux points, un vaste
éboulis où sont mélangés de manière très diffuse des cailloux de
toutes tailles et des objets en tout genre.
Le volume cumulé des déchets contenus dans ce monticule, de ceux
encore coincés sous la concrétion et enfin de ceux situés au delà de
cette dernière dans l'axe du second puits est estimé à environ 200 m3.
La nature de cette pollution est très variée, toutefois, un
inventaire des produits prélevés (ceux sur lesquels figuraient par
exemple une date de péremption) semble révéler contre toute attente
que l'essentiel de cette pollution a été massive et pratiquée sur un
laps de temps relativement cours, entre 1970 et 1985 très probablement. Ceci
est d'autant plus étonnant qu'il aura fallu deux campagnes de
dépollution, l'extraction de près de 150 m3 pour parvenir jusqu'à
cette galerie dont l'orifice d'accès se trouvait enfoui sous plusieurs
mètres de déchets entassés au démarrage du projet. Quant aux
déchets eux-mêmes, il s'agit de déchets basiques - probablement issus
de déchetterie ou d'actes isolés mais volumineux - et de déchets
issus de l'activité industrielle locale (sacs d'engrais azotés de type
ammonitrate d'ammonium). On trouve également une quantité importante
d'ossements d'animaux de boucherie ainsi que des pièces de ferrailles
de toute taille.
L'euphorie liée à la découverte de cette galerie a donc été
accompagnée par la désagréable surprise d'y trouver une quantité
encore très importante de déchets alors que l'équipe pensait en avoir
terminé à l'issue de la seconde campagne. Il semble en effet que la
quantité de déchets à extraire soit supérieure à celle déjà
arrachée à l'aven au prix de deux campagnes de dépollution ayant
mobilisé une très forte débauche de moyens et d'énergie. Néanmoins,
la topographie de la diaclase ainsi découverte paraît indiquer que ce
volume à extraire constitue bien le dernier et que de nouvelles
mauvaises surprises ne sont plus à craindre au delà de ce monticule
restant. Les initiateurs du projet restent par conséquent déterminés
à poursuivre les efforts engagés et la mobilisation de tous les
bénévoles volontaires pour terminer ce travail au travers de nouvelles
campagnes de dépollution.
Toutefois, la nouvelle topographie de la cavité oblige à envisager de
nouvelles solutions techniques. Lors de la précédente campagne, un
déviateur avait du être installé pour franchir les angles occasionnés
par la topographie complexe des puits de la cavité. Cette fois-ci,
compte tenu de l'axe emprunté par cette nouvelle galerie et de
l'étroitesse de son orifice d'accès, deux déviateurs au moins seront
nécessaires et une longueur de câbles rallongée d'une vingtaine de
mètres. Si la faisabilité technique de l'opération demeure
parfaitement envisageable, le temps nécessaire pour extraire les bennes remplies de
déchets sera inévitablement plus long et les équipes sous terre plus
nombreuses.
Les solutions mises en place jusqu'alors sont tout à fait adaptées
mais devront être utilisées sur des périodes plus longues, ce que le
recours à des énergies bénévoles ne permettra pas seul. La poursuite
de la dépollution requiert par conséquent un soutien financier plus
important permettant de recourir au concours d'un prestataire
professionnel capable d'opérer sur une période plus longue, notamment
entre les temps de participation des bénévoles (les week-ends). Cette
organisation mixte serait placée sous l'autorité exclusive des
initiateurs du projets et des inventeurs de la solution technique
initiale mise en place par le Centre Technique Spéléo Nord Franche
Comté (animé par Jean-Marie Frossard), ceci afin de ne pas
dénaturer l'esprit qui a présidé à la bonne marche du projet
jusqu'alors.
Quant à d'éventuels travaux de prospection motivés par la présence
persistante de ce courant d'air, ceux-ci sont pour l'instant impossibles
compte tenu de l'instabilité de l'éboulis de déchets. La découverte
de la provenance de ce courant d'air est conditionnée par la
dépollution préalable et totale de la cavité.
l'équipe du RESSAC
Club de Speleologie de Grospierres - Ardèche (07) - France
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