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A la
coutume, les phénomènes de crue cévenole se caractérisent par des mises en
charge rapides des bassins versants se traduisant par des pics aussi
intenses qu'éphémères. Alors que l'Ardèche fut épargnée au mois
d'octobre par les épisodes violents qui affectèrent durement des régions
voisines de l'arc méditerranéen, notamment l'Aude et le Var, une
première vague de fortes précipitations nées d'une dépression creuse
formée sur le Golfe du Lion permit le 1er novembre de mettre en charge
le réseau hydrographique des pentes cévenoles ardéchoises et gardoises.
L'épisode fut modeste mais alors que la décrue s'amorça, les différents
moteurs météo (GFS, WRF et AROME) annonçaient l'imminence de nouvelles
pluies sans toutefois proposer des prévisions de précipitations
précises. Finalement, dès la soirée du 5 novembre, les pluies reprirent
de manière assez soutenue mais de façon intermittente pour générer un
premier pic le 6 à 20 h 05. Au lieu de céder la place à une franche
décrue, le niveau des rivières commença à baisser avant que de nouvelles
pluies ne viennent inverser la courbe pour atteindre un nouveau pic une trentaine
d'heures après le précédent. Ce furent alors 5 pics de crue qui
s'enchaînèrent en 6 jours à la faveur de ces reprises successives
de fortes précipitations. Ainsi, si ces phénomènes furent relativement
modestes - le pic de le plus haut atteignant le vendredi 9 novembre 4,66
m pour une débit de 1029 m3/s. à la station de Vallon Pont d'Arc - la
quantité reçue par le bassin versant fut particulièrement importante
d'autant plus que ces précipitations tombèrent sur des sols saturés par
les épisodes précédents. La décrue fut d'ailleurs particulièrement lente
en raison du volume d'eau considérable cumulé par les 5 épisodes
successifs. Alors que de nombreuses régions françaises sont victimes de
sécheresse, l'Ardèche bénéficie à l'inverse d'une année particulièrement
humide. Le caractère progressif et intermittent de ce phénomène apporta
finalement beaucoup d'eau sans causer de dégâts et sans entraîner de
ruissellement dommageable aux sols. Celui-ci entraîna néanmoins quelques
désagréments notamment l'annulation du Marathon International des Gorges
de l'Ardèche (voir)
en raison d'un niveau de l'Ardèche trop haut le jour de l'épreuve le 10
nov. |